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Thème : Gestion des compétences
Nouvelles dispositions en matière de GPEC
Ecrit le 09-02-2009 par Michel LAZZARI - ABDIAS Conseil
Directeur
 

Accord d'entreprise ou plan d'action sur l'emploi des seniors

La Loi de Finance de la Sécurité Sociale (article 87) instaure pour certaines entreprises l'obligation, de négocier sur l'emploi des seniors, ou défaut d'accord, d'établir un plan d'action sur ce thème, cette obligation étant assortie d'une pénalité (CSS, art L138-24 à L138-27).

Entreprises concernées

Sont visés par cette obligation les entreprises et les établissements publics d'au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe d'au moins 50 salariés.

Contenu de l'accord ou du plan

L'accord ou le plan d'action, conclu ou établi d'une durée maximale de trois ans, doit comporter :

  • un objectif chiffré de maintien dans l'emploi ou de recrutement des salariés âgés
  • des dispositions favorables au maintien dans l'emploi ou au recrutement des salariés âgés portant sur trois domaines d'action au moins choisis parmi une liste fixée par décret, et auxquelles sont associés des indicateurs chiffrés
  • des modalités de suivi de la mise en oeuvre de ces dispositions et de la réalisation de cet objectif

Modalités du plan d'action

Le plan d'action établi au niveau de l'entreprise ou du groupe doit être soumis pour avis au CE ou à défaut aux DP. Il doit faire l'objet d'un dépôt auprès de l'autorité administrative dans les mêmes conditions que les conventions et accords.

Procédure

Les entreprises peuvent solliciter l'autorité administrative compétente afin de vérifier que l'accord ou le plan d'action répond bien aux critères fixés par la loi. Les entreprises ne peuvent demander cette vérification si un contrôle des organismes chargés du recouvrement des cotisations est en cours.

Le silence gardé par l'administration pendant un certain délai (qui sera fixé par décret) vaut décision de conformité.

La réponse de l'administration, y compris implicite, est opposable aux organismes de recouvrement (Urssaf, CGSS et caisses MSA) pour une durée ne pouvant excéder la validité de l'accord ou du plan d'action, soit 3 ans.

Sanction financière

Montant et versement

A défaut d'accord ou de plan d'action sur l'emploi des seniors, l'employeur est soumis à une pénalité égale à 1% des rémunérations ou gains versés aux salariés ou assimilés au cours des périodes au titre desquelles l'entreprise n'est pas couverte par un accord ou un plan d'action sur l'emploi des seniors.

Les rémunérations s'entendent de l'ensemble des salaires et éléments ayant la nature de salaire (notamment : indemnités de congés payés, primes, gratifications, avantages en nature).

La pénalité est versée à la Cnav. Elle est recouvrée et contrôlée par les organismes chargés du recouvrement des cotisations du régime général de sécurité sociale, selon les règles et sous les garanties et sanctions applicables au recouvrement des cotisations à la charge des employeurs sur les gains et rémunérations de leurs salariés (CSS, art. L137-3).

Les différends nés de l'assujettissement à cette pénalité relèvent du contentieux général de la sécurité sociale, et sont réglés selon les dispositions applicables aux cotisations de sécurité sociale.

Les décisions rendues par les tribunaux de sécurité sociale jugeant de ces différents sont susceptibles d'appel quel que soit le montant du litige (CSS., art L137-4).

Attention : la pénalité ne sera due par les entreprises concernées, en l'absence d'accord ou de plan d'action, qu'à compter du 1er janvier 2010.

Dispense du paiement de la pénalité

Sont dispensées de la pénalité les entreprises comprenant entre 50 et moins de 300 salariés, ou celles appartenant à un groupe de même taille, n'ayant pas conclu d'accord ou élaboré de plan d'action mais qui sont couvertes par un accord de branche étendu sur l'emploi des seniors. Cet accord de branche, conclu dans le cadre des négociations triennales définies à l'article L2241-4 du Code du travail devra :

  • respecter les trois critères fixés pour l'accord d'entreprise et le plan d'action
  • avoir reçu à ce titre un avis favorable du ministre chargé de l'Emploi

Cet avis sera opposable aux organismes de recouvrement.

Deux décrets d'application préciseront le contenu et les modalités de validation de ces accords et plans d'actions.


Pour non respect d’un accord GPEC, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre suspend un plan social (PSE) chez Capgemini Outsourcing.

Le 16 janvier 2009, le TGI de Nanterre suspend un plan social chez Capgemini Outsourcing qui devait entraîner la suppression de 250 postes (150 départs volontaires, 100 reclassements). Toutefois, l'ordonnance du juge des référés s'estime incompétente pour répondre à la demande d'annulation du plan social, qui devra être renvoyée vers un juge de fond.

L’ordonnance précise : « ainsi, il ne peut qu’être constaté le non respect par la société CAPGEMINI de l’accord collectif du 9 mai 2005…..et l’insuffisance d’information des institutions représentatives de personnel.. »

 
 
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  L'AUTEUR
 
Michel LAZZARI
Michel Lazzari a débuté sa carrière dans le contrôle de gestion pour ensuite s’orienter vers des fonctions de responsable administratif et des Ressources Humaines au sein de groupes industriels et de service : Textile, agroalimentaire, équipementier anglo saxon et banque. Il est le dirigeant fondateur du cabinet Abdias conseil qui déploie une activité dans le domaine de la gestion du changement et de la GPEC. A ce titre, il a eu l’occasion de mettre en place de la gestion des compétences en entreprise mais aussi de mener des démarches collectives pour des fédérations professionnelles. Ses diverses missions lui ont permis d’intervenir plus particulièrement sur la gestion des compétences et la mise en œuvre stratégique, la dimension collective et individuelle des compétences et sur le lien entre compétence et performance au travers des processus. Par ailleurs, il intervient à l’université du Havre et dans un Master d’une école de commerce et participe à la rédaction du « Guide du management des compétences » à l’AFNOR.


 
 
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